Thérapie métastatique
Thérapie ciblée
Inhibiteurs du CDK4/6
Inhibiteur de la mTOR
L’évérolimus (Afinitormd) est le seul médicament de cette classe utilisé en cancer du sein métastatique. On l’utilise exclusivement avec l’exémestane, un anti-hormone, pour améliorer son efficacité lors d’une progression métastatique avec un cancer hormonodépendant. Il s’agit d’un traitement par voie orale, à prendre tous les jours. L’effet indésirable le plus fréquent avec l’évérolimus est la mucosite (ulcères dans la bouche) mais cet effet se prévient désormais par l’utilisation d’un gargarisme à base de cortisone
pendant les premières semaines de traitement.
Inhibiteurs du PI3K/AKT
Cette classe de médicament comprend le capivasertib (Trucap md ), l’alpélisib (Piqray md ) et l’inavolisib (Itovebi md ). On utilise les inhibiteurs du PI3K/AKT en cancer du sein métastatique en présence de récepteurs hormonaux positifs, suite à progression sous traitement antihormonal. Ils sont toujours combinés au fulvestrant, en injection intramusculaire, pour améliorer son efficacité. Le capivasertib, l’alpélisib et l’inavolisib s’administrent par voie orale.
Une mutation PIK3CA doit être présente pour utiliser l’alpélisib ou l’inavolisib.
Une mutation PIK3CA ou AKT ou PTEN doit être présente pour utiliser le capivasertib.
La présence ou non d’une mutation est connue suite à une analyse pathologique spécifique demandée par votre oncologue sur biopsie liquide ou sur un tissu en provenance d’une biopsie ou d’une chirurgie.
Les effets secondaires des inhibiteurs PI3K/AKT incluent les ulcères buccaux, la fatigue, les nausées, les éruptions cutanées, la diarrhée et l’hyperglycémie. Des prises de sang sont requises en cours de traitement pour surveiller les effets indésirables.
Thérapie ciblée HER2
Les traitements anti-HER2 sont des traitements ciblés offerts aux patientes qui ont un cancer qui surexprime le récepteur HER2 à la surface des cellulescancéreuses. Plus simplement, la thérapie HER2 est à considérer si le
résultat de HER2 est positif.
Les traitements anti-HER2 visent à détruire les cellules cancéreuses qui surexpriment le récepteur HER2. trastuzumab (Herzuma md , Herceptin md , etc) et pertuzumab (Perjeta md ). Ils peuvent aussi se donner en comprimés sous le nom de tucatinib (Tukysa md ).
Puisqu’il s’agit de traitements ciblés, le trastuzumab, le pertuzumab et le tucatinib provoquent beaucoup moins d’effets secondaires que la chimiothérapie traditionnelle. Ces trois médicaments peuvent entraîner une diminution de la fonction cardiaque. Il est donc important de surveiller la fonction cardiaque par échographie cardiaque à intervalle régulier pendant toute la durée des traitements. Généralement, ce suivi permet de détecter l’insuffisance cardiaque avant que les symptômes apparaissent.
Contrairement à la cardiotoxicité induite par les anthracyclines, la toxicité cardiaque des thérapies ciblées contre le HER2 est généralement réversible.
Immunothérapie
Inhibiteurs du PARP
Les inhibiteurs du PARP sont utilisés pour combattre les cancers du sein associés à des mutations dans les gènes BRCA ; ils sont utilisés exclusivement chez les patientes porteuses d’une mutation BRCA. Ces molécules sont des inhibiteurs des poly(ADP-ribose) polymérases humaines (PARP) susceptible de tirer parti des défauts des voies de réponse aux dommages à l’ADN des cellules cancéreuses.
L’olaparib (Lynparza md ) et le talazoparib (Talzenna md ) sont des inhibiteurs du PARP approuvés pour le traitement du cancer du sein métastatique avec mutation BRCA ayant reçu au moins une ligne de traitement préalable. Ces deux médicaments se présentent par voie orale et sont habituellement mieux tolérés que les traitements de chimiothérapie conventionnels. Les effets secondaires les plus fréquents des inhibiteurs du PARP incluent fatigue, nausées, neutropénie (baisse des globules blancs) et anémie. Des contrôles sanguins à tous les mois sont nécessaire pour détecter la neutropénie et l’anémie.
Chimiothérapie intraveineuse
Taxanes
Les taxanes sont fréquemment utilisées en cancer du sein. Ce sont des agents qui empêchent la division des cellules. Deux taxanes sont disponibles au Canada, soit le paclitaxel et le docétaxel. Des réactions lors de la perfusion sont possibles tant avec le paclitaxel qu’avec le docétaxel (frisson, oppression thoracique, etc). Dans tous les cas, on administre des médicaments intraveineux ou par voie orale (prémédication) avant de donner la taxane dans le but de prévenir ces réactions.
Le paclitaxel est largement utilisé dans le traitement du cancer du sein métastatique. Son principal effet secondaire sont les paresthésies (fourmillement, picottement, perte de sensibilité) aux doigts et aux pieds. Ces effets apparaissent au fil des traitements. Il n’existe pas de médicament pour prévenir ni traiter les paresthésies, et elles peuvent devenir permanentes. C’est pourquoi, des ajustements de doses à la baisse sont parfois nécessaires. Des courbatures et de la diarrhée sont observées occasionnellement avec le paclitaxel. Il existe une formulation de paclitaxel, liée à l’albumine (nab-paclitaxel, Abraxane) qui est beaucoup plus coûteuse que le paclitaxel standard. On la réserve à ceux qui ne tolèrent pas le paclitaxel standard ou qui ont des contre-indications à la pré-médication.
Le docétaxel peut causer une baisse des globules blancs rapide et importante. C’est pourquoi il est important de consulter à l’urgence sans délai si on présente de la fièvre. Des douleurs musculaires et articulaires sont fréquentes : elles apparaissent habituellement 3 à 4 jours après l’administration du docétaxel et persistent de 3 à 4 jours. Elles sont généralement soulagées par l’acétaminophène ou un anti-inflammatoire tel l’ibuprofène (Motrin, Advil). L’alopécie est fréquente, mais elle peut être partiellement prévenue avec l’utilisation de bonnets réfrigérants. La diarrhée et les ulcères dans la bouche sont des effets indésirables relativement fréquents. Une rétention d’eau est aussi possible au fil des traitements; elle se résorbera habituellement une fois les traitements terminés. Un changement de l’aspect des ongles est parfois observé (ongles plus friables, brunissement). Le docétaxel s’administre habituellement aux 3 semaines.
Conjugué anticorps-chimiothérapie
Le développement de plusieurs médicaments combinant un anticorps à une chimiothérapie a permis d’avoir plus d’options de traitement plus efficaces pour le traitement du cancer du sein de stade 4.
Bien que ces médicaments comportent une thérapie ciblée, ils contiennent aussi une chimiothérapie. Leurs effets indésirables s’apparentent à la chimiothérapie : neutropénie (baisse des globules blancs), nausées, fatigue, etc.
Le trastuzumab-emtansine (T-DM1, Kacyla md ) est composé de trastuzumab sur lequel est greffée une chimiothérapie, l’emtansine. On l’utilise chez les patientes avec surexpression du HER2 (HER2 positif). C’est un traitement généralement bien toléré.
Le trastuzumab deruxtecan (Enhertu md ) est composé de trastuzumab combiné avec une chimiothérapie, le déruxtecan. On l’utilise chez les patientes avec surexpression du HER2, peu importe son intensité (HER2 positif, faible ou ultra-faible). Le Enhertu md peut occasionner des nausées et une fatigue importante. Des cas de pneumonite sont rapportés avec le Enhertu md . C’est un effet indésirable rare mais potentiellement grave nécessitant une prise en charge rapide. La pneumonite se présente habituellement sous forme de toux, de fièvre ou d’essoufflement.
Le sacituzumab govitecan (Trodelvy md ) est composé d’un anticorps, le sacituzumab, qui cible une protéine appelée Trop-2, combinée à une chimiothérapie, le govitecan (SN-38). On n’a pas besoin de mesurer la Trop-2 pour pouvoir utiliser le Trodelvy md puisque cette protéine est surexprimée fréquemment en cancer du sein. On l’utilise chez les patientes HER2 négative, avec ou sans récepteurs hormonaux positifs. Il occasionne fatigue et diarrhée principalement.
Vinorelbine
La vinorelbine est donnée en cancer du sein métastatique. Son mode d’action est semblable à celui des taxanes. Une atteinte des nerfs sensoriels des extrémités (pieds et mains) est fréquente. Les principaux effets secondaires incluent une baisse des globules blancs (neutropénie), mais elle s’accompagne rarement de fièvre. Ce médicament est très bien toléré.
Anthracyclines
Les anthracyclines sont très utilisées en cancer du sein, principalement la doxorubicine (Adriamycine), l’épirubicine et la doxorubicine liposomale (Caelyx). Elles peuvent être administrées seules ou en combinaison. Les anthracyclines peuvent affecter le cœur et une dose maximale ne doit pas être dépassée pendant la vie. Avec la doxorubicine et l’épirubicine, l’alopécie est fréquente, mais elle peut être partiellement prévenue avec l’utilisation de bonnets réfrigérants. De plus, les nausées et vomissements seraient fréquents si on ne donnait aucun médicament pour les prévenir, mais avec les antinauséeux actuels, les nausées et vomissements sont habituellement légers et bien contrôlés.
Cyclophosphamide
En cancer du sein, la cyclophosphamide est utilisée en combinaison avec d’autres chimiothérapies. Une irritation de la vessie avec saignement est possible mais très rare aux doses habituellement utilisées en cancer du sein. On recommande toutefois aux patientes de boire beaucoup d’eau dans les premiers 48 heures suivant l’administration de la cyclophosphamide pour prévenir cette complication.
Eribuline
L’eribuline est approuvé pour le traitement du cancer du sein métastatique après deux lignes de traitement et doivent avoir reçu au moins une anthracycline et une taxane. Il empêche les tumeurs de croître. On observe souvent une baisse des globules blancs, une anémie, de la fatigue, une perte des cheveux, de la constipation, des nausées, une perte d’appétit et des douleurs musculaires et articulaires.
Gemcitabine (Gemzar)
La gemcitabine empêche les cellules de se reproduire. En cancer du sein métastatique, elle est habituellement utilisée en combinaison avec le carboplatin. Les principaux effets secondaires sont la baisse des globules blancs, des globules rouges (anémie) et des plaquettes. Les risques de neutropénie fébrile sont non-négligeables. Des sensations de malaise, des sueurs, des troubles du sommeil et un rash sont également rapportés.
Carboplatine
La carboplatine est une chimiothérapie à base de platine (sel de platine), utilisée en combinaison avec la gemcitabine en cancer du sein métastatique. Ses effets indésirables principaux sont les nausées, l’anémie et la neutropénie. Des réactions allergiques lors de la perfusion peuvent parfois survenir.
Chimiothérapies disponibles par voie orale (en comprimés)
Capecitabine (Xeloda)
La capécitabine (Xéloda) est un dérivé par voie orale d’une chimiothérapie intraveineuse, le fluorouracil (5-fu). La capécitabine est indiquée en cancer du sein métastatique. Les principaux effets indésirables de la capécitabine sont le syndrome palmo-plantaire et la diarrhée. Le syndrome palmo-plantaire, aussi appelé syndrome main-pied se caractérise par une douleur (souvent une sensation de brûlure) et une rougeur au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds. Cet effet indésirable nécessite l’interruption du traitement avec application de glace et de crème hydratante. La diarrhée est fréquente avec la capécitabine et répond habituellement à la prise de lopéramide (Imodium) et à l’arrêt temporaire du médicament. Il n’est pas rare de devoir faire des ajustements de doses à la baisse lors de la prise de la capécitabine. La capécitabine s’administre habituellement 2 fois par jour, 14 jours sur 21. La semaine de pause étant nécessaire pour permettre à l’organisme de refaire ses forces.
Anti-hormone (hormonothérapie)
Protecteurs osseux
Biphosphonates et denosumab
Afin de réduire les risques de complications (douleur, fractures, élévation du calcium sanguin…) chez les femmes qui ont des métastases dans les os, un agent osseux est souvent administré :
- pamidronate (Aredia md )
- acide zolédronique (Zometa md )
- dénosumab (Xgeva md, Wyost md , etc))
Information du GEOQ
Le GEOQ, Groupe d’étude en oncologie du Québec est “un organisme à but non lucratif dont l’objectif principal est de promouvoir la communication et la coopération entre les différents professionnels impliqués dans le diagnostic, l’investigation, la recherche et le traitement des différentes formes de cancer ainsi que certaines conditions hématologiques associées.”
Le GEOQ offre, entre autres, une section avec des feuillets d’information destinés au public sur les traitements contre le cancer.